Récit d’un déjeuner à la Fermette Marbeuf
A deux pas des Champs-Elysées, se trouve un restaurant de rêve dont la salle 1900, ornée d’une splendide verrière et de peintures murales Art Nouveau, a été classée à l’inventaire des monuments historiques. De ce « resto-musée où l’on se doit de dîner une fois dans sa vie » comme le formule si bien le Guide du Routard, nous imaginions facilement le somptueux décor, si souvent décrit dans les guides, mais ignorions tout de sa cuisine. Souvent définie comme traditionnelle, elle est en réalité très inspirée de la cuisine bourgeoise qui se caractérise par des plats longuement mijotés et très savoureux. Rien de telle qu’une cuisson à feux doux pour extraire le meilleur de chaque sauce…
Nous sommes le 5 juillet 2010 et la première vague de juilletistes a déserté Paris. Dans la salle, un joyeux mélange de langues étrangères se fait entendre. A croire que la Fermette Marbeuf est très réputée à l’international.
Pour notre plus grand plaisir, nous sommes installés dans la « salle 1900 » dans laquelle règne une atmosphère féerique propice à la rêverie et aux dîners romantiques. Après avoir longuement admiré les incroyables peintures murales, dont certaines s’inspirent du Printemps de Botticelli, et la splendide verrière 1900, nous étudions la carte avec grand intérêt.
A notre plus grande surprise, ce ne sont pas uniquement des plats mijotés qui figurent à la carte, mais également des mets aériens et raffinés. En entrée, j’opte pour le feuilleté léger d’escargots de Bourgogne au beurre d’ail soufflé. Je me régale, tant ce plat typique de la cuisine bourgeoise est savoureux. Le beurre d’ail s’avère léger et je me soucie peu de l’empreinte qu’il me laissera pour le reste de la journée. Mon ami quant à lui, se délecte d’une terrine de foies de volaille « maison » et sa confiture de poivrons doux. Grand classique de la cuisine française, cette entrée le ravit.
En plat principal, je choisis une déclinaison d’agneau. Selle, côte, rognon, tout y est, y compris l’accompagnement de petites tomates confites au four. C’est un délice ! Moi qui aime la simplicité, je suis comblée, car aucune sauce trop pesante ne vient importuner la chair tendre de l’agneau. Toujours aussi résolu à déguster ce qui fait la réputation de la cuisine française, mon ami opte pour le magret de canard du Sud-ouest mi-fumé « maison », ses pêches aux quatre épices et ses délicates pommes grenailles. Il est aux anges et ne tarie pas d’éloge sur la cuisson de son canard qui est rosée à point.
Le dessert ne laissera aucune place au hasard, puisqu’il a été commandé en début de service. On ne repart pas d’un mythique restaurant comme la Fermette Marbeuf sans avoir goûté à son incontournable soufflé au Grand-Marnier ! Le dessert est à la hauteur de notre attente. Chaque cuillérée en appelle une autre et jamais l’envie ne s’essouffle.
De ce restaurant prestigieux qui voit défiler chaque jour une clientèle éclectique, nous garderons le souvenir d’un repas raffiné dans un cadre de rêve. Difficile de ne pas être conquis par un tel décor…et plus encore d’oublier la subtilité d’un soufflé au Grand-Marnier si brillamment conçu.







